Effet de style : L’anthropologue auteur.

Publié le par Angela

 
   styleparchment.gif        On pourrait penser que l’écriture scientifique se préoccupe plus du contenu qu’elle livre aux lecteurs que de sa forme. Pourtant l’anthropologue américain Clifford Geertz soutient que les écrits ethnologiques puisent leur force autant dans la manière dont ils sont écrits que dans les faits qu’ils rapportent.

 

Ainsi, à chaque grand nom de la discipline, C. Geertz attribue un style différent. Claude Lévy-Strass a su rendre palpable l’étrangeté des Indiens d’Amazonie par une écriture qui refuse toute empathie et recourt à l’esthétisation.

Chez l’ethnologue Edward Evans-Pritchard, c’est le réalisme incongru des images et l’art du sous-entendu typiquement britannique qui rend pittoresque sa description de la vie du peuple Nuer du Soudan.


Avec Bronislaw Malinowski, le projet d’écriture est d’autant plus visible que l’on peut comparer l’atmosphère de ses ouvrages académiques à l’amère neurasthénie de son Journal Intime.

 

C. Geert entend ainsi montrer que le succès de ces auteurs repose moins sur la solidité de leurs édifices théoriques que sur leur mode d’écriture. Ce qui, pour lui, n’est pas contradictoire avec la méthodologie d’une discipline qu’il considère comme l’art d’interpréter une culture différente de la nôtre.

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