L’Ecriture au quotidien…

Publié le par Angela

 
   ecriture50.jpg     Au XIXe siècle, les premiers registres électoraux étaient souvent signés par une croix en face du nom de ces nouveaux électeurs que le suffrage universel venait d’instituer citoyens.

Mais les démocraties naissantes ont très vite paré à cet inconvénient : depuis que l’école est devenue obligatoire, le commun des mortels a pu s’approprier, en même temps que la lecture, la pratique de l’écriture.

 

A tel point que ceux qui en sont démunis sont aujourd’hui désignés par des vocables spéciaux : analphabètes, illettrés…  M. Fournier.

 

Nous vivons dans des sociétés à l’écrit. La littérature, considérée comme la part « noble », a son champ d’études particulier.

 

Mais, en amont  -  ou en aval ? -  de l’exercice littéraire, notre vie fourmille de pratiques « ordinaires » d’écriture : remplir un formulaire, noter une information sur notre agenda, griffonner une liste de courses sur un dos d’enveloppe déchirée ou étiqueter dans maints endroits de notre espace privé ces merveilleux petits Post’it des temps modernes…

 

La correspondance, il est vrai fortement concurrencée par le téléphone, mais aujourd’hui remise au goût du jour grâce au courrier électronique, la rédaction de notes de voyages, de journal de bord ou les écrits intimes, tous ces actes d’écriture témoignent d’une identité du scripteur et intéressent sociologues et ethnologues.

 

L’Ecriture et ses  pratiques épistolaires

 

Pendant longtemps, la Poste et ses emblématiques facteurs ont eu le monopole de l’acheminement du courrier. La correspondance n’effrayait pas nos grands-parents qui envoyaient régulièrement de longues lettres à ceux qui étaient partis travailler à la ville, combattre au front ou tout simplement profiter de quelques bains de mer…

 

Aujourd’hui, donner de ses nouvelles, « c’est simple comme un coup de fil ! » « Le téléphone est le médium de notre temps et le courrier fait figure de dinosaure, se réduisant le plus souvent au seul domaine de l’imprimé et de l’information administrative. »

 

Une analyse nous dévoile les formes les plus habituelles de la correspondance privée. Les seules qui semblent résister à l’érosion des échanges épistolaires sont les lettres de vœux, de condoléances (pour un décès) ou de félicitations (pour un mariage ou une naissance), et dans une moindre mesure, l’envoi de cartes postales à l’occasion d’un voyage. Des rituels sociaux, en quelque sorte, dans lesquels la présentation et le support semblent de plus en plus prendre le pas sur l’élaboration rhétorique du message.

 

Ainsi cette jeune fille qui explique qu’elle envoie ses vœux de Bonne Année sur des cartes de l’Unicef parce que « ça fait plus intello ». Cette forme de distinction passe aussi par le choix d’un papier recyclé (pour les écologistes) ; ou de cartes de vœux reproduisant une œuvre d’art. Du classique paysage hollandais à l’art le plus minimaliste (pouvant aboutir à une carte quasiment mais esthétiquement vide !) le choix de chacun signe bien souvent l’appartenance sociale dont il se réclame : provincial traditionnel ou parisien branché…

 

De plus en plus, les supports définissent le statut du message. Cartes de bristol blanc ou cartes de visite imprimées pour la correspondance cérémonielle, feuille 21 x 29.7 pour le courrier administratif sont quasiment obligatoires, au risque, si elles ne sont pas employées, de discréditer l’auteur. Papier à lettre coloré, décoré, personnalisé dont les jeunes adolescentes sont très friandes, sont réservés aux ami(e)s et à la correspondance amoureuse. Le succès des carteries, ces magasins spécialisés offrant un choix infini de papier à lettre filigranés, enrubannés, de sous-mains et de stylos élégants, de cartes        aux formules pré-établies, contribuent à ancrer les nouvelles pratiques épistolaires dans des formes de rituels esthétiques.

 

Selon un Analyste, « le recours à des supports spécialisés témoigne de l’importance d’une écriture empruntée, voire assistée ». En même temps, explique-t-il, l’existence de ces produits normalisés suggère que l’on adhère à une norme, le plus souvent valorisante : c’est ainsi que les petits formulaires d’invitation aux goûters d’anniversaire des enfants, rédigés sous forme de télégramme, sont devenus très en vogue : « Le recours à des formules standardisées permet parfois de concilier le goût des enfants et le sens parental de la distinction ».

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Violette dame mauve 04/03/2010 14:41


Un article intéressant, merci de l'avoir publié dans ma communauté
Bisous
Violette


tony.. 04/03/2010 06:38


bonjour ,
bienvenue dans la communauté
amicalement
tony


Angela 04/03/2010 18:32


Bonjour Tony et merci de m'accueillir dans ton Domaine. Ce système de Communautés est plutôt sympa... Faisons-nous plaisir et apportons-en aux autres... Bonne
continuation à nous tous alors. Bien cordialement. Angela.